4.1.1 Présentation clinique
Selon les données disponibles à ce jour la période d’incubation serait de 4,9 jours |4,4‐
5,5] [31] à 6,4 jours [32]. ; sa médiane est de 4 jours (2-7) dans l’étude de Guan W et al.
[33].
Les délais d’admission des patients par rapport au début des signes sont de 6,5 jours à 7
et 8 jours respectivement [21, 28].
Selon l’étude du CDC chinois, 81% des formes cliniques étaient modérées, 14% sévères
(dyspnée, fréquence respiratoire ≥30/mn, SaO2≤ 93%, PiO2 <300, et/ou infiltrat
pulmonaire > 50% en 24-48h), et 5% critiques (SDRA, choc septique, et/ou défaillance
multiviscérale [30].
Le délai de survenue d’un SDRA par rapport au début des signes est de 9 j [21, 28],
Un SDRA est survenu dans 29%, 17,6 et 19% des cas dans les 3 séries publiées
respectivement [21, 23, 28].
Une première étude a porté sur 41 patients hospitalisés à Wuhan entre le 16 décembre
2019 et le 02 janvier 2020 : les signes de début de la maladie étaient de la fièvre, de la
toux et des myalgies ou une asthénie dans respectivement 98%, 76% et 44% des cas.
L’évolution était marquée par l’apparition d’une dyspnée dans 55% des cas, après un délai
médian de 8 jours, un SDRA dans 29% des cas, une admission en unité de soins intensifs
dans 32%, avec ventilation mécanique invasive pour 4 patients (10 %), et oxygénation
extracorporelle de membrane (ECMO) pour 2 (5%). Tous les patients avaient une
pneumonie. La tomodensitométrie thoracique a identifié dans la quasi-totalité des cas des
images bilatérales en verre dépoli ; de plus, des infiltrats parenchymateux ont été observés
dans les formes intermédiaires et des consolidations pulmonaires lobulaires et sous-
segmentaires dans les formes admises en réanimation. Chez 877 patients hospitalisés,
Guan W-j et al ne retrouvent pas d’anomalie à la tomodensitométrie thoracique pour 157
d’entre eux (17.9%) [33].
Enfin, six patients (15%) avaient une virémie positive (ARN circulant positif pour SARS-
CoV2) et quatre patients (11%) ont présenté une surinfection pulmonaire [21].
Parmi 99 cas hospitalisés entre le 1er et le 20 janvier 2020, 31 % avaient quitté l’hôpital le
25 janvier, 11 % étaient décédés et 58 % étaient toujours hospitalisés (Tableau 1) [13]. Les
principaux signes cliniques étaient une fièvre (83%), une toux (82%), une dyspnée (31%),
des myalgies (11%). Il existait des comorbidités pour 51% des patients. L’imagerie
retrouvait une pneumonie unilatérale (25%), bilatérale (75%) et des opacités multiples en
verre dépoli (14%). Une admission en réanimation a été nécessaire pour 13% des patients.
L’évolution s’est faite vers un SDRA (17%), une insuffisance rénale aiguë (3%), une
insuffisance respiratoire aiguë (8%), un choc septique (4%), ou une pneumonie sous
ventilation assistée (1%). Les germes Acinetobacter baumannii, Klebsiella pneumoniae,
Aspergillus flavus et Candida glabrata ont été isolés chacun chez un patient et Candida
albicans chez trois patients (infections invasives). Quelques patients se sont rapidement
détériorés avec évolution vers un SDRA, un choc septique ou une défaillance multiviscérale.
Ces infections graves concernaient plus volontiers des patients de sexe masculin, âgés et
avec comorbidités [23].
Sur le plan clinique, il existe différentes présentations :
- une présentation simple au cours de laquelle le virus reste indétectable dans le sang
(données actuelles) ;
- des formes compliquées avec une aggravation vers le 7ème jour qui se traduit par une
atteinte parenchymateuse, un sepsis, des surinfections bactériennes ou fongiques. Dans